Cette nuit là, décollage du Bourget à 1h30. Nous descendons à vide à Marseille pour y récupérer deux chirurgiens. Il y a un beau jet au-dessus de la France, et on a un très fort vent arrière, ce qui me permet de battre mon record de vitesse sol en Beech (voir article précédent).
Et en plus, cette fois c'était en palier !
Marseille nous propose une approche à vue, on se fait toute la procédure, pour entraînement, profitant du fait que, pour une fois, rien ne presse, puisque les chirurgiens sont déjà à l'hôpital et n'auront pas fini avant au moins une heure. Au sol, on retrouve l'autre Beech de la compagnie, qui a descendu, plus tôt dans la soirée, deux équipes de chirurgiens. Eux remonteront le coeur, et nous les poumons.
Derrière nous, un 757 de DHL charge.
Nos collègues décollent 4h25, et nous les suivons, 25 minutes plus tard. En vol, on se retrouve sur 123,45 et on se raconte des conneries pendant un moment. La remontée est longue, car le vent est toujours aussi fort, et il est désormais de face. Nos plus de 400 noeuds se sont transformés en 240 kt au mieux, et même moins au fur et à mesure que le vent se renforce.
Nous négocions avec De Gaulle une approche à vue en 03, pour éviter un long guidage radar autour de Paris pour l'ILS 07. La demande avait été refusée à nos collègues, mais elle nous est accordée. Sur la fréquence de Paris, nous avons entendu que du givrage fort était signalé en approche d'Orly. Et nous commençons en effet à givrer.
La contrôleuse du Bourget avait annoncé FEW031 et BKN046, mais à 4000 pieds, alors que nous sommes tout proches de l'axe de la finale 03, nous sommes dans la couche. à 3500 pieds, nous y sommes toujours. On en sort vers 3200 pieds, à une minute à peine de l'axe de la finale. Je signale à De Gaulle qu'on a le visuel, ils nous balancent avec la tour du Bourget, on réduit tout, on mon captain pousse sur le volant, vire en finale, et nous voilà posés.
Une fois les chirurgiens partis, je prends quelques photos de notre avion tout givré :
On a un peu chargé, quand même ! :-)