dimanche 7 novembre 2010

Mission organe à l'aube

Quand on fait du transport d'organes, on effectue des vols qui ne sont, pas définition, pas prévus à l'avance. On est donc prévenu au dernier moment, et le plus souvent en pleine nuit. On a le plaisir d'être réveillé par le téléphone, ça peut être à minuit comme à 2 ou 3 heures du matin. En tant que pompier volontaire, j'ai l'habitude (et la sonnerie du téléphone est une douce musique comparé au bruit strident du bip).

Ce soir là, je m'étais couché à 22 heures. Quand le téléphone me réveille, je regarde l'heure projetée au plafond par mon réveil : 3h10. J'ai donc dormi environ 5 heures, ce qui n'est pas si mal. 3h30, j'arrive au Bourget. Je prends mon sac dans le coffre, passe le poste inspection-filtrage (PIF) en saluant les deux agents. L'avion est parqué devant les opérations. J'ouvre la porte, je monte dedans, je pose mon sac et... mon téléphone sonne.

C'est mon captain.

- Olivier... Tu es où ?
- Au Bourget, je viens de monter dans l'avion.
- Ha... Bon, la mission est annulée.
- Super...

Je raccroche, je reprends mon sac, je descends de l'avion et referme la porte. Je croise un autre captain Beech qui arrive pour partir avec l'autre King Air, chercher un autre organe dans une autre ville. Et je repars chez moi. A 4 heures, je suis dans mon lit. A 5 heures, le téléphone sonne : "Olivier, on décolle à 6h30 !" Et c'est reparti !

Nous allons à Lyon, et vu l'heure, ce sera Bron et non Saint-Exupéry comme d'habitude. J'envoie un mail à mes amis pilotes lyonnais, et je reprends la voiture.

Comme je le disais dans mon billet précédent, on a souvent l'occasion de profiter du lever de soleil lors des vols retour des missions organes. C'est beaucoup plus rare de le voir se lever sur la branche aller, mais ce fut le cas samedi matin :





Il est 7h45 quand je pose le Beech sur la piste 16 de Lyon-Bron, qui est encore en auto-info à cette heure matinale. Les médecins s'en vont, et nous allons à pieds à l'hôtel Kyriad pour prendre un petit déjeuner. Puis on retourne à l'aérogare d'aviation générale où nous rejoint un ami de Pilotlist. Il nous emmène voir les avions dans le hangar, puis nous allons prendre un verre à l'Assiette, le resto du terrain, où nous rejoignent un couple d'amis pilotes.

On retourne à l'aérogare, où nous sommes rejoints par deux autres amis, et on emmène tout ce beau monde visiter l'avion. Nous sommes à ce moment là 8 à bord, et il y a encore de la place pour trois passagers ! Les médecins appellent, et je dois prendre congé, après ce moment fort agréable : c'est nettement plus sympa de patienter en discutant avec des amis qu'en dormant dans un avion tout froid !

Les avions légers tournent en 16, mais le contrôleur nous propose de décoller en 34 pour gagner du temps. Il fait rallonger la vent arrière pendant notre départ. Un de mes amis nous shoote juste après la rotation :

Photo : Julien (www.flyby-pictures.com)

Pendant le vol retour, je suis PM (Pilot Monitoring). Je prends l'ATIS du Bourget, et je dis à mon captain : "Fait pas beau !" A Lyon, nous avions un beau soleil et 18 degrés, mais au Bourget, il ne fait que 12 degrés, c'est couvert, il y a 2 000 mètres de visibilité et de la brume ! Je prends quelques photos alors qu'on arrive sur l'ILS 27, et en effet, la visi n'est pas terrible.



On a presque du mal à voir le doublet sud de Roissy !



Ca s'améliore un peu en arrivant en courte finale, même si on a encore un petit bout de nuage quasiment sur le glide un peu avant l'autoroute A1.

3 commentaires:

Petit Cabri a dit…

tu viens de corriger le soleil.. LAVER... au lieu de lever..
la vidéo ?? tu l'as prise avec la goPro ??? ou pas ?

Anonyme a dit…

Holala, dur dur ces changements d'horaires et ces réveils très matinaux. Mais c'est ce qui fait la beauté du métier n'est-ce pas Olivier:) Encore bravo pour ce récit et les très belles photos qui y sont jointes!

LJ35 a dit…

Anonyme > Merci !

Petit Cabri > Non, avec l'iPhone 4.