jeudi 15 février 2001

Nav 150 NM

Aujourd'hui, j'ai fait ma navigation de 150 nautiques, indispensable avant de passer son PPL. Pour éviter les longs calculs afin d'être sûr que que les trois branches faisaient bien 150,1 NM et pas 149,9, j'ai été moins paresseux qu'un autre membre de Pilotlist qui était tout juste au-dessus de 150 NM, et j'ai pris un trajet faisant 180 NM (Lognes-Auxerre-Orléans-Lognes).

J'étais particulièrement content de pouvoir enfin voler par beau temps pour ma deuxième nav solo. D'autant que pour la première (Lognes-Reims et retour), la visibilité était assez pourrie.

Je m'étais réjoui trop vite. Certes je n'ai pas croisé un seul nuage, mais la visibilité n'Ètait pas top non plus.

Résultat, heu, comment dire... J'ai eu un peu de mal à trouver le premier terrain, et je suis passé côté du deuxième sans le voir.

La honte totale, c'est quand dans les deux cas, je me suis annoncé à cinq minutes du terrain, et puis paf, je le trouvais pas. Du coup, les deux fois, l'agent AFIS m'a rappelé pour me demander où j'Ètais, et j'ai répondu, d'un air détaché : "Là je suis un peu perdu, mais dès que j'ai retrouvé le terrain, je vous rappelle !" La honte, je vous dis !

Dès le départ, j'ai eu un peu de mal. Je démarre mon moteur, et je réalise que la bretelle pour sortir du parking de l'aéroclub est DERRIERE, et que je n'ai pas la place de faire un demi-tour sur place, et qu'il aurait été plus malin de reculer l'avion à la main avant...

J'arrête le moteur, je pousse l'avion, et je redémarre. Petit passage à l'essence, et c'est reparti vers le point d'arrêt. Combien d'avions, avant moi, au point d'arrêt ? 1, 2, 3, 4... Cool, pas la peine de se presser. C'est donc à toute petite vitesse que je roule vers la file d'attente.

J'ai remarqué que c'est toujours quand il y a plusieurs avions devant au point d'arrêt que les atterrissages se succèdent à un rythme soutenu et qu'on ne peut pas caser un décollage entre deux...

Finalement, c'est mon tour, et me voilà en l'air. Cap au 150. Un p'tit coucou à la radio pour pénétrer la zone D de Melun, et je roule, je roule... Enfin je vole, je passe au large de Montereau, de Sens, et j'arrive sur Auxerre.

C'est là que j'ai dû un peu merder, puisque je ne trouvais plus du tout le terrain d'Auxerre. Fort heureusement, je suis tombé sur l'autoroute qui m'a mené droit à destination.

Atterro, bonjour à l'agent AFIS qui me donne un petit coup de tampon (enfin sur mon carnet) en échange de 31 francs, cinq minutes pour se dégourdir les jambes, et hop, me voilà reparti.

Cap au 275 vers Orléans. J'ai intérêt à le tenir, mon cap, parce que droit devant, je ne vois rien de rien, c'est quelque peu brumeux. Par contre sur les côtés je vois très bien... C'est comme dans un avion de ligne quand on n'est pas dans le cockpit, quoi !

J'arrive sur Orléans, je prÈviens que j'arrive, et... je n'arrive pas. Il est où ce ?%§$£®! de terrain ? Hoooo... La jolie antenne... A tous les coups elle est sur ma carte. Ha oui, elle y est. Tiens, le terrain est derrière moi. Je calcule vite fait un p'tit cap pour me conduire de 
l'antenne au terrain, et hop, j'arrive pile poil dessus.

Donc si vous avez bien suivi, j'avais dit à l'agent AFIS que j'étais un peu perdu et que je le rappelais dès que j'avais retrouvé le terrain (il m'a appelé pile poil au moment où j'avais repéré l'antenne. J'ai failli lui demander si elle était loin - genre "Vous la voyez de votre tour ?" 
- mais j'ai pas osé !)

Re-atterro, re-tampon, contre 32 francs cette fois. Petit au revoir à tout le monde, les deux pilotes de King Air qui prenaient la météo à la tour me souhaitent un bon vol, je les remercie, je redécolle.

Dernière branche. Je pars d'Orléans à l'heure à laquelle je pensais être revenu à Lognes. Bon, c'est pas grave, je suis pas pressé. Cap vers le VOR de Pithiviers, puis droit sur Melun, toujours avec une visi pas terrible.

J'arrive à Melun. Enfin, je crois que c'est Melun, mais je ne vois pas les antennes, qu'on voit pourtant de loin. Zut alors. Pourtant, une grosse ville comme ça, c'est forcément Melun. y'en a pas d'autre dans le coin.

Ou alors, si c'est une autre ville, c'est que je ne suis pas du tout dans le coin. Oui mais Melun, ils me suivent au radar, donc si j'étais à l'autre bout de la région, ils auraient dit quelque chose !

Ho, que vois-je sortir de la brume ? Des antennes ! C'était bien Melun. Franchement, ça doit pas être marrant le GPS, on est toujours sûr de l'endroit où on est, on ne peut pas se poser de questions et jouer à "Suis-je bien là où je pense être ?".

Tiens, mon portable vibre... Comme je suis un peu à la bourre, je regarde pour voir si c'est pas mon instructeur. Si, c'est lui, j'ai raté l'appel. Bon, je tapote vite fait "J a r r i v e", j'envoie le SMS pour le rassurer, et je me reconcentre sur la route.

Verticale du terrain, et cap sur Lognes. Ca sent l'écurie. Ca roule, c'est tout droit. Et tout d'un coup... Nan, je le crois pas, un gros doute m'assaille. Je ne vais quand même pas me perdre entre Melun et Lognes ! Mais pourquoi je ne vois pas le terrain ?

Tout simplement parce qu'on ne voit pas grand chose. Il est bien droit devant, mais je ne le vois pas très tôt. Bonjour, Lognes, c'est moi, je suis de retouuuuur !!!

- "Fox India Oscar, rappelez verticale"
- "Fox India Oscar, j'arrive verticale, 1500 pieds"
- "Fow India Oscar, maintenez verticale"

MAINTENIR la verticale ? Hé, ho, je pilote un DR400, pas un hélico ! Comment je fais pour rester à la verticale, moi ? Bon, je vais faire des ronds alors. Ca tombe bien, ya pas longtemps je me suis entraîné au dessus de la forêt, je devrais y arriver aussi au dessus de l'aérodrome.

"Fox India Oscar, intégrez en fin de vent arrière"

Bon, je n'aurai pas eu le droit à beaucoup de tours de manège. J'intègre, derrière un Cessna que la tour me signale, je l'ai vu, merci... Il n'avance pas ce mec... En plus il va faire son virage de 
base en plein au dessus du village.

Alors si je tourne au bon endroit, je vais être trop près de lui, si je tourne au dessus du village comme lui, je ne suis pas trop près, mais je tourne au dessus du village, et ça c'est pas bien.

Bon, coupons la poire en deux, je tourne au ras des premières maisons. Vitesse minimum, il se pose, je ne suis pas loin derrière...

- "Fox India Oscar, remise de gaz !"

Finalement, mon deuxième tour de manège, je l'aurai !

Je me pose, je demande à rouler au parking, en roulant je me dis que j'ai pas mal volé, ce qui me fait dire que j'ai dû consommer pas mal d'essence, correction, ce sera pour l'essence s'il vous plait.

Je rejoue au pompiste, je roule vers le club. Je vois sur la parking mon instructeur qui m'attend, je fais un grand coucou, je manoeuvre l'avion tant bien que mal en suivant ses directives (il bouge les bras dans tous les sens comme dans le manuel :o) ). Tant bien que mal, parce que cet avion a un palonnier un peu merdique, les manoeuvres au sol, c'est galère...

Je coupe le moteur, et voila... Avec les roulages, les petits tours à l'essence, les quatre avions au point d'arrÍt avant moi au départ, les "Je trouve pas le terrain" et les tours de manège à la fin, j'ai quand même logué 3h12.

Tiens, il me manque 6 minutes pour atteindre les 50 heures. Si j'avais su j'aurais fait un tour de manège de plus...

mardi 30 janvier 2001

Des ronds au-dessus de la forêt

Cet après-midi, je devais faire ma deuxième nav solo : Lognes-Auxerre et retour.

Oui mais voilà, j'étais fiévreux, j'avais très mal dormi, j'avais mal à la tête, j'avais trop chaud, trop froid et trop chaud en même temps, et je ne trouvais pas très raisonnable d'aller jusqu'à Auxerre dans cet état.

Je suis quand même allé au terrain. Il faisait tellement beau, l'appel du soleil était irrésistible. Et puis, le matin même, j'avais reçu le récepteur VHF achetée via Pilotlist, et comme au coeur de Paris je n'arrivais pas à capter grand chose, je me disais qu'aller à Lognes serait l'occasion de la tester.

Mais grâce à la VHF, juste avant d'arriver, j'avais entendu la tour autoriser mon avion, enfin celui que j'avais réservé, à décoller. Bon, pas d'avion alors... Pas très grave, il y en avait un autre de libre. Je n'ai pas sauté dessus, j'ai attendu, j'ai commencé à discuter avec les quelques membres du club présent.

Et petit à petit, parlant aviation, entendant les échanges entre la tour et les avions en tour de piste avec la VHF, voyant par la fenêtre le soleil si brillant et le ciel si bleu, j'ai senti la fièvre s'évanouir et l'envie de voler grandir, grandir. J'aurais pu sauter dans l'avion restant et partir avec.

J'ai préféré attendre. Laisser cette envie de voler grandir, ce besoin de rejoindre le ciel devenir irrésistibles. Et ce n'était pas frustrant du tout, puisque c'était volontaire, cette attente. Je me doutais que plus j'attendrais, plus le plaisir serait grand au moment où je me déciderai à y aller.



Et puis comme je ne suis pas maso non plus, j'ai fini par prendre l'avion, pour un petit vol local, sans idée précise de l'endroit où je voulais aller. J'ai mis le cap sur Coulommiers, la porte à côté quand on vient de Lognes. J'ai fait quelques tours de piste, et puis quand j'en ai eu marre de tourner, je suis parti un peu plus loin.

J'ai fait des ronds au dessus de la forêt, j'ai tourné autour d'Eurodisney, j'ai suivi les camions sur la nationale.

Ho, rien de bien passionnant, comme paysages. La région parisienne n'a pas les charmes de la côte bretonne de PM ou des îles de Yann. Mais ne dit-on pas que tout paysage, même ingrat, prend une toute autre dimension quand on le survole ?

Et là, tout seul dans mon coin de ciel bleu, surpendu entre les nuages blancs loin au dessus et la forêt un peu moins loin dessous, je n'avais pas envie de redescendre tout de suite, alors j'ai continué à tourner.

J'étais bien. 

dimanche 27 août 2000

Premier voyage

Je viens de faire mon premier voyage en avion léger ! Je n'ai pas encore mon PPL, mais grâce à Philippe, de Pilotlist, je viens de participer à un rassemblement de ladite liste. Nous sommes partis de Saint-Cyr en DR221, direction Agen, où se tient la rencontre. Ce dimanche, direction Castelnau, où se tient un rassemblement de Jodels, puis Muret, pour y voir des copains, et enfin retour à Paris.

Le DR221 n'a pas de conservateur de cap, il faut donc naviguer au compas, qui n'arrête pas de bouger, et qui en plus tourne dans le mauvais sens ! Un très bon entraînement pour mes futures navs !

Décollage de Saint-Cyr :


Passage de la Loire :


Atterrissage à Agen :


Sur la route du retour :

jeudi 3 août 2000

Reprise après deux mois et demi sans voler

Aujourd'hui, j'ai revolé après deux mois et demi sans mettre les pieds dans un avion (à part un Boeing 747 mais je n'étais pas aux commandes et comme après m'avoir déposé à San Francisco il continuait sur Papeete, le cockpit était rempli de pilotes et il n'y avait plus de place pour moi sur le jump seat !)

Ce soir, donc j'ai repris les commandes. Ca m'a fait drôle. J'ai fait mes 27 premières heures de vol en moins de deux mois, et plus rien pendant deux mois et demi. Forcément je me demandais si j'allais encore savoir. Et bien les amis avaient raison de me rassurer sur Internet : je savais encore  !

Le petit DR-400 bleu et blanc était le même que quand je l'ai quitté. Les instruments à la même place, tous les boutons et machins aussi. Le temps était pourri, tout gris, plein de nuages, de la pluie, mais ça ne nous a pas empêchés de décoller. Premier touch and go un peu brutal.

Commentaire de mon instructeur : "On aurait dit un appontage !"
Moi : "C'est pas gentil ça.. C'est pas faux mais c'est pas gentil !"
Mon instructeur : "Bin si ! C'est vachement dur un appontage !"

Il arrive toujours à se rattraper aux branches, lui !!!

Et on a continuer à tourner, essayant de voir quelque chose à travers la multitude de gouttes d'eau qui roulaient à toute vitesse sur la verrière. Avec quelques circuits basse hauteur pour ne pas s'endormir. En dernier virage, on voyait les nuages tout gris, la pluie qui tombait sur Paris, le sol tout sombre, et au milieu, la piste, seule à être caressée par les rayons du soleil qui se frayaient difficilement un chemin entre les nuages...

41 minutes bien agréables pour cette reprise !

jeudi 11 mai 2000

Première nav et lâcher

Ce 11 mai 2000, première navigation. Elle doit être courte : Lognes-Nangis (et retour évidemment), 40 NM x 2. Je me paume un peu dans ma carte pour repérer le premier point de report, mais je le trouve. Tiens, c'est pas beau le nuage juste en face... Un gros cumulo nimbus, qui grossit, qui grossit.

Inutile d'essayer de le contourner, mon instructeur décide de revenir à Lognes via Coulommiers. On se fera quelques tours de piste avant de se poser. Finalement, le CB arrivant à toute allure sur Lognes, on se pose tout de suite, et tous les avions dans le circuit nous imitent. Bilan, 45 mn de vol.

On rentre les avions, et une fois qu'ils sont en sÈcuritÈ dans le hangar, on se retrouve à 5 ou 6 du club devant ledit hangar, à regarder le CB approcher et grossir. On voit nettement le nuage se gonfler, c'est très joli (vu du sol en tout cas ! :-) ) et impressionnant (même vu du sol).

Les trombes d'eau qui dégringolent à quelques kilomètres sont clairement visibles, et comme elles finissent par nous arriver dessus, on se réfugie nous aussi sous le hangar. La grêle succède vite à la pluie, et ça tombe dru pendant plusieurs minutes. On a bien fait de rentrer les avions.

Le beau temps revient aussi vite qu'il s'était éclipsé, et voila mon instructeur qui me dit que je repars avec un autre instructeur. Ha bon ? OK. Et nous voila reparti. Pourquoi veut-il me faire faire un vol avec cet instructeur qui est pourtant assez pressé de rentrer sur Paris, mystère...

On fait trois tours de piste, et on rentre. Et là, l'autre instructeur me dit : "Bon, tu me déposes au parking". Alors que jusque là je ne pensais pas du tout à ça, quelque chose en moi fait tilt et je me dis : "Tiens, va-t-il me lâcher ?" Apparemment oui, puisqu'il me dit : "Viens avec moi remplir ton papier et tu repars tout seul".

Il me signe le papier, mon carnet de vol, me conseille de faire un complet ou deux avant de faire des touchers, me souhaite un bon vol, et hop, il se casse. Mon instructeur à moi a disparu... Bon, c'est pas ça qui va m'empêcher de redécoller.



Et hop, me voila parti. Je m'aligne, plein gaz, je décolle. Et là, pour la première fois, je pense aux récits de lâchers que j'ai lu sur la liste Pilotlist, en constatant qu'en effet, comme beaucoup le disaient dans leur récit, sans l'instructeur à coté, le petit DR-400 grimpe comme un malade ! 

En vent arrière, je repense aux récits en trouvant que c'est bien calme, ce cockpit, sans personne à qui parler. Beaucoup disent qu'ils en profitent pour exprimer leur joie en chantonnant. J'hésite sur le répertoire, et du coup je ne chante pas, me contentant de profiter autant que possible du temps magnifique, de la superbe vue sur Paris au loin, et surtout du fait de voler tout seul dans le ciel.

Et je tourne, je tourne. Un tour, deux, trois, quatre... Après tout, il ne m'a pas dit combien je devais en faire, donc puisque je suis bien, je tourne. Au cinquième, je me dis qu'avec les deux vols en double commande avant, j'arrive quand même à presque deux heures de vol dans la même après-midi, et que même si je continuerais bien à tourner, je vais commencer à être un peu fatigué et qu'il est préférable d'être raisonnable et de redescendre...

Je me pose donc après 44 minutes très précisément pour ce premier vol solo. Arrivé au club, je vois que mon instructeur a réapparu. Je fais comme si de rien n'était, je remplis la paperasse. Finalement il s'approche et me dit "Dis donc, tu en as bien profité !" Et je réponds innocemment : "Ha, tu m'attendais ?"

Comme ils ne sont plus que deux au club à cette heure, lui et un autre instructeur, la tournée générale sera d'une portée limitée, mais ce n'est pas une raison pour ne pas en profiter. C'est donc attablés à la terrasse du bar, en plein soleil, que l'autre instructeur me dit qu'il écoutait la
fréquence tour, et qu'il a été surpris de m'entendre repartir après le deuxième tour, et après le troisième, et après le quatrième...

Deux bonnes heures de discussions aéronautiques plus tard, on a pris tous les trois les chemins de nos chez nous respectifs... Bilan de la journée, trois vols, deux en double-commande et le premier solo, 1h57 de vol, et environ six heures de présence sur l'aÈrodrome. Et surtout, 44 minutes intenses, tout seul dans le ciel d'un bleu superbe, le soleil et l'émotion faisant grimper de quelques degrés ma température, j'ai pensé aux "colibris" de Pilotlist, à Jacques Darolles dans son Boeing 747, à Aeroman dans son CRJ entre Lyon et Caen, et à tous ceux qui m'ont précédé lors de ce grand moment qu'est le lâcher.