dimanche 28 août 2022

Lâcher Boeing 737

 20 septembre 2009, dès le lendemain de la fin de ma formation professionnelle, je postule chez Air France.

Les années passent, je mets régulièrement à jour mes infos sur le site d'Air France, mais pas d'appel en sélection.

Printemps 2020, je suis dans le groupe Air France depuis deux ans, et le Covid bouleverse l'avenir de ma compagnie, HOP, qui va devoir se séparer de la moitié de ses avions (et donc de la moitié de ses pilotes). Air France met en place des sélections internes.

Août 2020, je passe la sélection Air France.

10 septembre 2020, après presque un mois d'attente anxieuse, je reçois enfin la réponse : 

"Nous avons le plaisir de vous informer de votre réussite à la sélection Pilote

Air France/Transavia."

2 février 2022 : un autre mail d'Air France m'annonce mon intégration le 13 avril, en détachement chez Transavia sur Boeing 737.

31 mars 2022 : Dernière journée de travail chez HOP.

13 avril 2022 : Je commence la formation chez Transavia

17 juillet : Test de QT (Qualification de Type) : me voilà qualifié Boeing 737

3 août 2022 : Premier vol aux commandes de l'avion, avec un commandant de bord-instructeur, 6 PNC et 180 passagers à bord que j'emmène à Porto. Les deux premiers vols des 20 que comptent cette AEL (Adaptation En Ligne).

Et nous arrivons à ce  dimanche 28 avril. Au briefing, je retrouve ma commandant de bord, que je connais déjà puisqu'elle m'a déjà accompagné au simu pour mon test de QT. Nous commençons à faire le briefing et sommes rejoint par l'examinateur qui va observer mon aller-retour pour voir si je suis apte à voler avec des commandants de bord standard, qui ne sont pas instructeurs.

Nous faisons un aller-retour Dubrovnik. Les deux vols se passent très bien, malgré le stress toujours un peu présent pendant une évaluation. Une fois arrivée au parking à Orly, l'examinateur me félicite, et mes deux collègues me souhaitent la bienvenue dans la compagnie.

C'est la fin de 4 mois et demi de formation, et même de presque 7 mois de boulot, puisque j'ai commencé à travailler sur les systèmes du 737 dès le lendemain de la réception du mail m'informant que je serai détaché chez Transavia.

Alors bien sûr, le travail n'est pas terminé, il est toujours présent dans la carrière d'un pilote de ligne, j'ai encore plein de choses à apprendre pour approfondir mes connaissances, mais la formation à proprement parler s'est achevée avec ce lâcher, qui intervient (encore un hasard du calendrier) 51 mois exactement après mon lâcher sur Ejet, qui avait eu lieu le 28 mai 2018. Et un peu plus de 6 ans après mon premier vol sur avion de ligne (en août 2016 sur RJ85 entre Dublin et Shannon).

Le 737 est ma cinquième qualification, après le Beech 200 (2010), le TBM 900 (2015), le RJ85 (2016) et l'Ejet (2018). Et la prochaine, dans quelques années sera (sans doute) sur un avion long courrier d'Air France !



lundi 22 août 2022

Un joli cadeau d'anniversaire

 Ce lundi, je faisais un aller-retour Athènes dans le cadre de mon AEL (Adaptation En Ligne) sur 737 chez Transavia. La dernière étape de la formation (après les cours théoriques et les séances de simulateur), des vols avec un commandanr de bord-instructeur. Ca va vite, seulement 20 vols pour les pilotes expérimentés, et pendant ces 20 étapes, il faut apprendre comment exploiter l'avion dans le cadre des procédures de la compagnie.

On arrive à Orly, je suis un peu fatigué. Le CDB sort du cockpit pour saluer les passagers qui débarquent. La chef de cabine m'amène un petit garçon et me dit : "Il a un cadeau pour toi". Il me tend une feuille de papier pliée en quatre, que je déplie pour découvrir ce dessin :

Ca me fait évidemment très plaisir, d'autant plus qu'aujourd'hui, c'est mon anniversaire ! Recevoir un cadeau, c'est toujours agréable, mais en faire donne aussi autant (voir davantage) de bonheur. Je demande à Benjamin s'il veut s'assoir sur mon siège.

Il fait oui de la tête, avec un grand sourire, et s'installe. Sa maman semble aussi heureuse que lui, elle a le sourire, et le prend en photo. Benjamin ne sait pas trop quoi faire des ses mains, alors je lui dis : "Mets tes mains sur les commandes !" Il attrape le yoke du 737, et son sourire s'élargit encore pendant que sa maman, aux anges, le mitraille.

Benjamin balaye d'un regard curieux et impressionné le tableau de bord et l'overhead panel du Boeing et ses dizaines de switches. Je le remercie encore pour son dessin et il s'en va avec sa maman qui me remercie beaucoup elle aussi. Je pense que Benjamin se souviendra longtemps de ce voyage !

Je suis toujours impressionné de voir comment un geste aussi facile (proposer à un passager, enfant ou grand enfant) de venir voir le cockpit, peut avoir un impact aussi énorme, provoquant une joie qu'on lit instantanément dans les yeux et les sourires. C'est vraiment du bonheur d'avoir la possibilité de provoquer ça !

mardi 12 avril 2022

Adieu Baptiste !

 Fin 2009, juste après avoir terminé ma formation de pilote professionnel, je faisais mon stage instructeur à Perpignan. Dans mon groupe, un jeune pilote discret, qui faisait "un peu de voltige". Tellement modeste qu'il avait fallu du temps pour apprendre qu'il était champion d'Europe de voltige en équipe depuis l'été précédent !

Baptiste et moi nous étions tout de suite très bien entendus, et comme il logeait chez l'habitant et que j'avais loué un studio en bord de mer, il venait souvent squatter chez moi et on avait passé de longues heures à travailler, à discuter, à déconner. Il me faisait marrer en disant qu'il s'emmerdait à voler les ailes à plat pendant le stage FI ! 

Je souris en repensant à cette soirée arrosée dans le centre de Perpignan. En rentrant, j'avais enregistré son discours quelque peu incohérent, et on avait bien rigolé le lendemain en les réécoutant !😂

Depuis 12 ans, on échangeait régulièrement. Il était venu visiter mon Beech 200 quand j'étais passé à la Roche sur Yon, en 2013. Et quand on s'est revus il y a 3 ou 4 ans, on a partagé le constat qu'on avait tout de suite retrouvé la complicité de 2009...

Baptiste a fait son dernier décollage ce matin, avec Simon de la Brétèche, qui avait partagé avec lui (et Simon Fick) le podium en 2009 à Radom, en Pologne. Le prototype qu'ils essayaient s'est écrasé en Ariège. J'étais sous le choc en apprenant la nouvelle, j'ai souri en revoyant les photos du stage FI et en repensant à tous les bons souvenirs, et le choc et l'émotion m'étreignent à nouveau en écrivant ce paragraphe.

Adieu Baba, mon ami, surveille nos vols depuis ton nuage, avec ton complice Simon. Je n'oublierai jamais les bons moments passés en ta compagnie !

vendredi 31 décembre 2021

Bilan 2021

Après une année 2020 très calme, avec l’arrivée du Covid, les confinements et l’arrêt total des vols chez HOP pendant trois mois, 2021 a été celle de la reprise.

443 heures de vol, ce n’est pas énorme mais c’est quand même 210 heures de plus que l’année précédente. Autant qu’en 2019. 

244 heures en Ejet, exactement le double de 2020, en 159 vols (également deux fois plus que l’année dernière). Et donc près de 200 heures en avion léger (199h28 pour être précis), la quasi-totalité en instruction, mon record depuis que j’ai obtenu ma qualif instructeur en 2009.

140 heures en P2008, 29 heures en DR400, 10 heures en 172, 9 heures en Vans et 10 heures en PA18 hydro pendant ma qualif hydravion en juin à Biscarosse, de loin une de mes meilleures expériences aéro, je vous recommande vraiment d’essayer !

14 pays visités : Allemagne, Croatie, Danemark, Espagne, France, Irlande, Italie, Pologne, Portugal, République Tchèque,  Royaume-Uni, Slovénie, Suède et Suisse.

53 aéoports ou aérodromes visités, dont 12 font leur entrée sur mon carnet de vol : Briare, Château-Thierry, Cracovie, Ibiza, Le Plessis-Belleville, Malaga, Naples, Pont sur Yonne, Séville, Varsovie, Venise, et Zurich.



Dernier coucher de soleil de l'année, le 31 décembre, entre CDG et Turin.

jeudi 31 décembre 2020

Bilan 2020

Cette année restera, forcément, dans les annales et les souvenirs de tous les navigants, avec les conséquences de la crise Covid.

233 heures de vol en 2020, c’est à peine plus de la moitié des 453 heures de 2019. Sur mes 11 années depuis que je suis pro, c’est la plus faible en nombre d’heures de vol (à l’exception de 2015 et de 2016, deux années pendant lesquelles j’ai été au chômage ou en formation pendant deux tiers et trois quarts de l’année).

122 heures en Ejet (80 vols) et 111 heures en SEP, la quasi-totalité en instruction (89 en P2008 (98 vols, soit davantage qu'en Ejet !), 13 heures en Vans RV4, 7 heures en Cessna 172 et 2 heures en PA28). Une excellente année pour l’instruction, première année à plus de 100 heures, et pas loin de la moitié de mes heures totales de l’année.

11 pays visités (contre 11 en 2019 et 9 aussi en 2018) : Allemagne, Autriche, Croatie, Danemark, Espagne, France, Italie, République Tchèque, Royaume-Uni, Slovénie, Suède).

30 aéroports visités (9 de moins qu’en 2019)  : Aberdeen, Alicante, Ancenis, Bilbao, Billund, Bordeaux, Copenhague, Dubrovnik, Dusseldorf, De Gaulle, Clermont-Ferrand, Edinbourg, Francfort, Goteborg, Hanovre, Ile d’Yeu, Ljubljana, Lognes, Lyon, Nangis, Montpellier, Newcastle, Nuremberg, Pau, Prague, Rome, Stuttgart, Toussus le Noble, Turin, Vienne.

Trois aéroports font leur entrée sur mon carnet de vol : Copenhague,  Rome et Vienne. 

Coucher de soleil du 31 décembre, le rideau se baisse sur cette année maudite pour l'aéronautique