mercredi 8 avril 2009

Hélice en drapeau !

Une heure après notre histoire de pompiers, c'est reparti pour le deuxième vol de la journée. Il fait super beau aujourd'hui, il doit pleuvoir demain, vendredi c'est férié, donc il faut en profiter ! Décollage, et direction le sud du terrain pour faire les premiers exercices de panne moteur. On a fait un bon briefing, et en théorie, c'est pas compliqué. On regarde dans quelle direction l'avion part en lacet, on met du pied pour rétablir la symétrie du vol, et ensuite c'est facile, dead leg = dead engine. C'est parti pour la pratique.

En pratique aussi, c'est facile... Le FI cache les manettes avec sa carte, l'avion part à droite, je met du pied à gauche et j'annonce "Left leg dead, left engine dead". On s'amuse à ça pendant un petit moment, puis l'instructeur me montre comment on met l'hélice en drapeau. J'avais déjà vu sur Internet des photos d'hélice arrêtée en vol, mais en vrai, c'est nettement plus rigolo. Ca fait une drôle d'impression. Du coup, je demande à mon FI s'il peut prendre les commandes, le temps de sortir mon iphone et de prendre une photo.

"Tu ne verras pas ça très souvent" me dit-il, "la prochaine fois que tu le verras, ce sera peut-être lors d'une vraie panne moteur !"

De retour à l'école, l'étudiante française qui m'avait demandé, après mon vol précédent, si ça allait, me demande comment ça c'est passé. Je lui réponds : "Bah écoute, cette fois on n'a pas eu besoin des pompiers à l'atterrissage, donc ça va, je fais des progrès !"

Dès mon deuxième vol, les pompiers à l'arrivée !

Aujourd'hui, deux vols de prévus ! Mon instructeur n'a que moi comme élève, et me propose donc de ne pas perdre de temps, tout en me disant que si je suis fatigué après le premier vol, on annule le second sans problème... Après un briefing et la prévol, on décolle donc de la 27 et on prend la direction de Filton pour y faire quelques tours de piste. Filton est le deuxième terrain de Bristol, c'est celui à partir duquel Concorde 002, le premier prototype anglais, a effectué son premier vol.

Il y a d'ailleurs un Concorde en bord de piste, un de ceux de British Airways. C'est le numéro 216, le dernier Concorde à avoir été construit, et le dernier à avoir volé, le 26 novembre 2003. Il faut se faire violence pour se concentrer sur son pilotage plutôt qu'admirer le bel oiseau !

Nous faisons donc nos tours de piste. Je viens de redécoller une fois de plus, et je m'apprête à faire ma check list après décollage (qui commence par Brakes, Gear Up, Flaps Up), quand nous ressentons de grosses vibrations. Je me tourne vers l'instructeur, qui me dit "My controls". Je réponds "Your controls'", et je lâche le volant. Les vibrations s'arrêtent. Le FI informe la tour d'un probable problème sur le train, et demande à faire un passage bas pour inspection visuelle depuis le sol. Tour de piste basse hauteur, passage, la tour nous confirme le train sorti et apparemment verrouillé. On le rentre, et on retourne à Bristol.

Filton nous a indiqué que l'info de notre problème était transmise à Bristol International, et alors qu'on arrive sur la fréquence de notre base, on entend les pompiers qui demandent quelle est la nature du problème. On fait quelques 360° à proximité du début de la base main droite, le temps que les camions se positionnent. Et en finale, l'instructeur reprend les commandes pour faire un atterrissage tout doux. Dès que la roulette de nez touche, les vibrations recommencent. Je me retourne et je vois, par la fenêtre arrière droite, un des camions de pompiers pénétrer la piste et nous poursuivre. Il nous rattrape, et une fois qu'on est arrêtés, nous dépasse, et fait un demi-tour pour venir se placer devant notre nez. Sur le toit du camion, un pompier se tient derrière le canon à mousse.



L'autre camion arrive et se place à côté du premier. La tour nous demande si on peut dégager la piste. Mon FI remet les gaz, mais on n'avance pas d'un pouce. Le pneu avant doit être complètement dégonflé. Les moteurs tournent encore, puis l'instructeur les arrête. Une camionnette de l'école arrive, pleine de gars des Ops, auxquels la tour demande combien de temps ça va mettre pour dégager la piste. "10 à 15 minutes". Le problème, c'est que voici presque 5 minutes déjà, un liner n'était plus qu'à 10 minutes... Le contrôleur demande donc si c'est possible d'aller plus vite.



Les gars des Ops appuient alors sur l'arrière du Seneca et en soulèvent la roulette de nez comme si c'était un vulgaire Cessna 150... Ils regonflent le pneu, reposent la roulette, on remet en route, et on roule jusqu'au parking par nos propres moyens, après avoir bloqué la piste pendant une dizaine de minutes quand même...

Expérience plutôt instructive et assez sympa ! Dès mon deuxième vol, je fous le bordel à Bristol ! Mais le liner s'est posé sans attente, et le vol AF1373 Bristol-Paris a pu décoller à l'heure peu de temps après notre mésaventure.

A l'école, ils n'ont rien raté de notre atterro et de notre séjour prolongé sur la piste. Une élève française me demande si ça va. "Oui, super, c'était rigolo !" Moi qui suis pompier volontaire, je suis content d'avoir donné un peu de boulot à mes collègues anglais, même s'ils n'ont pas eu grand chose à faire !

mardi 7 avril 2009

Premier vol en bimoteur

Mon instructeur me montre la prévol du Seneca, puis me propose un premier vol... en passager pour commencer, avec un autre élève. Je backseate sur un vol de révision pour un test CPL, ce qui me permet de faire du tourisme tout en regardant comment ça se passe devant. Les 4 sièges arrière de ce Seneca sont en face à face, je m'installe donc tout au fond (pour éviter d'être dos aux pilotes), côté droit pour mieux voir les instruments côté pilote. Avec les trois rangées de sièges, ça donne vraiment l'impression d'être loin d'eux !


Décollage en 27, et virage à droite pour franchir le Bristol Channel, le bras de mer qui sépare Bristol et Cardiff, le sud-ouest de l'Angleterre et le Pays de Galles.



Et c'est parti pour une navigation en pays gallois. Et c'est superbe ! Assez rapidement, on change d'altitude, et je comprends vite pourquoi, puisqu'on passe au-dessus d'un relief (fort joli par ailleurs).



Quelques touch and go sur un autre aéroport, puis retour à Bristol. Je fais ma prévol pendant que le FI débriefe avec l'élève, je m'installe à bord, je prends l'ATIS, je relis les différentes checks qu'il va falloir que j'apprenne par coeur, et l'instructeur me rejoint. Mise en route du moteur gauche, puis du droit. Rien que ça, ça fait une drôle d'impression après avoir démarré des centaines de fois des monomoteurs... Moteur 1, moteur 2... Comme sur les gros biréacteurs !

Roulage, décollage. Au programme de ce premier vol, MEP1, prise en main de l'avion, avec des virages, des montées, des descentes, des virages en montée et en descente, des décrochages, et simulation de tour de piste avec sortie du train et sortie du train en secours...

Ce n'est finalement pas si compliqué que ça, mais ça fait vraiment quelque chose d'être pour la première fois aux commandes d'un bimoteur ! Ca donne l'impression de commencer doucement à dépasser le stade du "simple" momoteur du pilote d'aéroclub. Deux fois 200 cv, ça me change des 100 cv du Cessna 150 avec lequel j'ai fait ma nav 300 NM il y a un mois, ou même des 150 cv du 172 aux commandes duquel j'ai fini ma qualif vol de nuit la semaine dernière !

lundi 6 avril 2009

Première journée d'école

Ce lundi, premier jour d'école. Il ne fait pas beau du tout. Pourtant, depuis mon arrivée samedi, il a fait un temps superbe... Je passe la journée le nez dans les bouquins et les CD. Je commence par regarder le CD interactif dans lequel la FAA CAA explique les différents types de service proposés (Basic, Trafic, Deconfliction et Procedural, le CD inclut des sons avec échanges contrôleur/pilotes et des animation avec traces radar en plus des conversations audio, permettant de bien comprendre le pourquoi de ces différentes classes de service, c'est très bien foutu).

Puis je me plonge dans le manuel de vol du Seneca, et dans la présentation détaillée de l'avion sur l'ordinateur, avec nombreuses photos et dessins de tout ce que j'ai besoin de connaître de l'avion. Ca occupe ma journée, avec aussi un peu de spotting depuis les fenêtres du premier étage de l'école, d'où on voit atterrir et décoller les nombreux Easyjet et Ryanair, et quelques vols d'autres compagnies, dont Air France.

mardi 31 mars 2009

ATPL dans la poche !

Et voilà, c'est fait ! ATPL terminé !

Il y a 3 semaines, le service fédéral Mobilité et Transports m'appelait pour me proposer une autre date d'examen, le 31 mars au lieu du 6 avril (j'avais demandé qu'on me prévienne si un créneau se libérait). J'avais dit oui, et c'est donc ce mardi que j'ai repassé les deux certifs ratés le mois dernier. Résultats :

Flight Planning : 90,7 %
Principles of Flight : 95,5 %

Bons scores donc pour cette dernière journée !

Au final, ça me fait une moyenne de 90% sur les 14 certifs... Pas trop mal ! :-)

Place à la pratique, je pars samedi en Angleterre pour commencer mon IR, qui sera suivi du CPL. J'ai hâte d'y être !