dimanche 17 février 2002

Centenaire de la naissance de Lindbergh

Deux mois après le rassemblement à Charleville pour les 100 de la naissance de Mermoz, j'organise une autre rencontre de pilotes pour le centenaire de celle de Lindbergh. Les Etats-Unis étant un peu loin, j'ai choisi Lannion, l'aviateur américain ayant possédé une île non loin de là, sur la Côte de Granit Rose.

Je décolle de Lognes alors que deux autres avions partent de Toussus. On se retrouve vers le Mont-Saint Michel...


Et nous faisons un peu de vol en formation. Puis arrive Saint-Malo et ses remparts...


Et nous nous posons à Lannion, où les équipages arrivent petit à petit. Au total, six avions, venus de Pontivy, Toussus, Rennes, Lognes, et Bernay.


Après le déjeuner dans les locaux de l'aéroclub, nous repartons pour un petit vol local, afin de découvrir la côte et l'île de Lindbergh. On pousse jusqu'à l'île de Bréhat pour profiter de la superbe lumière rasante de la foin d'après-midi.

Dîner dans une crèperie, Bretagne oblige. Le lendemain, grande balade avant de reprendre le chemin de l'aérodrome. Sur le retour, on survole le cap Fréhel et le fort La Latte.


Vol de retour sans histoire vers Paris, sous le ciel bleu...



A 18h15, juste à temps pour saluer le coucher de soleil, nous nous posons à Lognes. Bilan, avec les détours et vols touristiques, 5h50 (!) de vol pour le week-end...

dimanche 20 janvier 2002

Yeu au mois de janvier

L'île d'Yeu est un endroit que je connais bien. Ma tante y a une maison, et j'y suis allé maintes fois en bateau. Après m'y être posé pour la première fois en juin dernier sur la route vers FOntenay le Comte, j'y vais pour la première fois en commandant de bord.

Samedi, 8h, debout ! En région parisienne, le plafond de nuages est très bas. C'est pas grave, on n'a pas l'avion avant midi. Je m'inquiète de mes passagers, qui se réveillent les uns après les autres. 11h30, nous voici à Lognes.

Nous avons beaucoup de bagages et nous sommes 4. Bah, le Régent embarque pas mal. Je vais mon devis de masse et centrage : 1122 kilos pour une masse max de 1100. Heu... C'est bizarre, de tête j'avais calculé moins ! Ha, si dans la case "réservoir central" je mettais 112 (kilos) et non 160 (litres), ça serait mieux. Et ça passe sans problème, pour le centrage aussi.

L'avion est chargé, la prévol est effectuée, tout est prêt... sauf le temps. Ca passe sans doute, mais on n'est pas pressés et on va attendre un peu, le plafond montant lentement. Départ à 13h, avec une petite heure de retard sur l'horaire prévu.

Ca secoue un peu, mais le plafond est tout bon, et la visi est excellente. On monte petit à petit en s'éloignant de Paris. Le ciel est tout bleu au dessus des nuages, on voit le soleil, et il y a de plus en plus de gros trous, c'est tentant. On grimpe, et le Régent monte à 1700 pieds/mn malgré 4 personnes à bord, 40 kilos de bagages, et pas mal d'essence.


Le niveau 65 sera un peu juste, on s'arrête donc au 85. Nantes Info signale à un IFR un VFR "à vos midi à 15 nautiques". Merde, on a un Airbus au cul ! :-) Il nous a au TCAS, a priori il ne devrait pas nous rouler dessus. Mais on ne le verra pas...


On se pose à Saint-Nazaire, après s'être poussés pour laisser passer un Airbus (un Beluga, qui transport des trançons d'Airbus) qui se pose avant nous. 


Escale à la Baule pour regfaire le plein, et cap sur l'île d'Yeu. Une directe La Baule-Yeu nous ferait survoler 40 nautiques d'eau, et je ne suis pas chaud. On vise donc la pointe de Saint-Gildas pour traverser l'estuaire de la Loire, puis Noirmoutier pour passer la baie de Bourgneuf. Nous voilà au niveau 65, on va pouvoir foncer direct sur Yeu à présent.

C'est bon, on voit l'île et on commence notre descente. Personne ne répond à la radio, c'est pas bien grave. Verticale du terrain à 3500 pieds. Grand tour de l'île par la pointe du But, Port Joinville, et la pointe des corbeaux. Aux deux extrémités de l'île, les vagues se fracassent contre les rochers, soulevant de gros paquets d'écume. C'est un spectacle de toute beauté et on est bien contents d'être là...


Le vent est plein travers, mais on se pose sans problème. On va se garer à côté du DR400-120 d'Eric, qui s'ennuyait tout seul sur le parking. "Je ne m'attendais pas à avoir autant de trafic aujourd'hui" me dit l'agent AFIS, qui a déménagé son bureau depuis la dernière fois, pour cause de travaux. Lors de ma dernière visite, la tour était en construction, elle est désormais terminée, peinte en blanc pour s'intégrer au mieux aux autres bâtiments.


 Pendant qu'on débarque les bagages de l'avion, l'AFIS me fait de grands signes de loin, et me crie "1 2 3 4 5 !" "Des amis à vous" entends-je malgré le bruit du vent et des vagues. On va donc utiliser la petite AR108 pour écouter 123.45. Chouette alors, c'est Yvan, un copain, qui nous fait un coucou depuis son Embraer au niveau 180 ! Ca c'est super sympa ! 

Le taxi nous emmène vers notre lieu de villégiature, où nous allumons le chauffage pour réchauffer la maison en attendant les vélos qu'on vient nous livrer à domicile. Puis cap sur Port Joinville, où nous commençons par une étape à l'incontournable bar de l'Escadrille. C'est toujours un plaisir de boite un verre dans ce bar dont les murs sont couverts de photos et dessins d'artistes d'avions et d'hélicos. Les chanteurs occupent la scène, et on se marre bien à chanter en choeur...


On reprend les vélos pour aller dîner dans un petit resto à la sortie de Port Joinville. Repas très sympa au cours duquel se succèdent les récits. C'est tout le charme des rencontres de pilotes, que de partager ensemble tous ces souvenirs aéro... Retour au bar de l'Escadrille, puis retour à la maison et dodo.

Dimanche matin, on enfourche à nouveau les vélos. En ce mois de janvier, l'île est déserte, on n'y croise que les Islais et quelques rares continentaux en week-end. C'est d'autant plus agréable et dépaysants pour les franciliens que nous sommes. A la pointe des Corbeaux, on gare les vélos et on progresse vers la pointe de rocher en rocher.

Le vent souffle bien et les vagues se fracassent sur les rochers. C'est aussi joli que vu d'avion hier, les embruns en plus... On mitraille pour immortaliser les paquets d'écume qui s'élèvent au dessus de la pointe au gré des vagues, puis on retourne aux vélos.

Poursuite de la balade à travers bois et petits groupes de maisons blanches aux toits de tuiles et aux volets bleus. J'ai beau ne plus compter mes séjours à Yeu , je ne m'en lasse pas... Puis il est temps de remettre le cap sur Port Joinville pour les derniers tours de pédalier avant de rendre les vélos au loueur. On s'achète des sandwichs pour ne pas perdre de temps, la nuit va arriver vite et on veut partir avec une confortable marge.

Décollage, et rapide traversée. La couche se soude en dessous, on appelle donc Nantes pour indiquer qu'on descend. ce n'est qu'à 1200 pieds qu'on passe sous les nuages. Le plafond remonte rapidement au fil des kilomètres. Les trois quarts du trajet se feront à environ 2000 pieds, pas de souci avec le plafond donc, et la visi est excellente. Ca secoue parfois un peu, mais c'est très supportable.


La vitesse indiquée est de 230 à 240 kilomètres à l'heure, mais le GPS nous indique à plusieurs reprise une vitesse sol de... 170 kts ! Près de 315 km/h quand même... On a le vent dans le cul, et il souffle bien ! Le voyage retour sera donc rapide : 1h45 bloc-bloc pour retourner à Lognes. Ce n'est pas mal du tout pour faire près de 450 kilomètres...

On descend un peu à l'approche de Paris, et de toutes façons, le plafond descend. A 3 minutes de Lognes, on n'est plus qu'à 1100 pieds QNH, sous la pluie. Mais les avions continuent de décoller... Verticale, vent arrière, et atterrissage en 26.

Bilan, 5h30 de vol en deux jours. Un week-end court, mais tellement dépaysant qu'on ne regrette pas d'avoir fait le voyage.  On est toujours un peu tristes de quitter l'île d'Yeu, mais on a une consolation de taille : on sait déjà qu'on y reviendra.

dimanche 9 décembre 2001

Centenaire de la naissance de Mermoz

Début octobre, constatant que le centenaire de la naissance de Mermoz, le 9 décembre 2001, tombait un dimanche, j'avais proposé sur Pilotlist de faire un rassemblement de pilotes à Charleville-Mézières, aérodrome le plus proche du lieu de naissance de l'aviateur.

Les premières réponses furent un peu moqueuses : "Mon pauvre, tu crois qu'au mois de décembre, la météo permettra d'aller en VFR à Charleville ?" Malgré tout, j'ai organisé la journée. Et ce 9 décembre au matin, grâce à un anticyclone providentiel, la météo était avec nous.

Décollage de Lognes en DR400 avec mon pote Vincent, et cap à l'est. Après une petite nav sans histoire, on se dirige vers Aubenton, le village où Jean Mermoz est né voici 100 ans exactement, le 9 décembre 1901. Nous en faisons le tour...



Puis on file vers Charleville-Mézières, à 30 kilomètres de là. Atterrissage sur la longue piste, et on trouve facilement une place sur le grand parking...


Nous sommes accueillis par les pilotes déjà arrivés. Les derniers se posent. Sur le parking, pas moins de 12 avions (dont deux bimoteurs venus d'outre-Manche).

Dans le club-house, nous nous retrouvons à pas moins de 34 pilotes et passagers. Et c'est en face d'un portrait de Mermoz, qui trône  devant la cheminée, que nous profitons du déjeuner préparé par Huguette et Marceau.

Nous profitons un peu du soleil, avant de repartir les uns après les autres vers nos aérodromes d'attache. Il ne faut pas tarder, ce 9 décembre est le jour le plus court de l'année...

jeudi 1 novembre 2001

Premier voyage en commandant de bord

Après mon premier passager, j'en ai emmené plusieurs autres (dont mes parents) en trois vols dans la même semaine. Cette fois, en ce 1er novembre, ce n'est plus en local que j'emmène mes passagers, mais en voyage. Un voyage court, certes, mais un voyage quand même. Le premier en commandant de bord et avec des passagers.

9h30, décollage. Direction le transit sud. Les zones de Brétigny étant inactives, on va contourner la zone A en passant au large de Sierra Alpha. Puis, cap sur la forêt de Brotonne, pour pouvoir suivre en cheminement les dernières boucles de la Seine.



Dès qu'on peut, on grimpe, pour s'installer au niveau 45. Les zones d'Evreux sont inactives aussi, les militaires sont de repos aujourd'hui. Petit coucou avec Rouen, on entre dans leur zone et on passe au sud d'Elbeuf. Puis arrive la Seine (enfin, elle n'était pas loin depuis pas mal de temps, depuis Paris en fait, mais on était un peu trop au sud pour la voir).


Et voilà le pont de Tancarville, alors qu'on voit déjà, au loin, se profiler son (jeune) grand frère, le majestueux pont de Normandie. Majestueux, et pourtant, même s'il grossit au fur et à mesure que l'on s'en approche, il semble finalement pas si grand que ça, vu de haut...


Le pont de Normandie, c'est aussi le point Echo Delta, d'entrée dans la TMA de Deauville. Nous prenons le cap de l'aérodrome de Deauville, notre destination, alors que le contrôle nous signale plusieurs autres trafics aux alentours du pont. Intégration en base main droite, derrière un TB9 venu lui aussi de Lognes et qui nous a dépassé, et atterrissage en douceur sur la longue piste de Deauville. 


En finale, un de mes passagers capture l'ombre de notre petit DR400 :


Et nous voilà sur le parking, à côté des gros jets...


Après une balade en ville, un déjeuner et un long moment sur la plage à profiter du soleil, nous sommes repartis vers l'aérodrome. Décollage, et on reste dans l'axe de la piste 30 et on se retrouve sur l'estuaire. Cap vers le Havre, qu'on contourne au large. 


Puis demi tour, et on remonte l'estuaire vers le pont de Normandie qu'on survole à nouveau.


Puis, après un dernier petit coucou au pont de Tancarville, cap sur le VOR de Rambouillet. On dépasse Rouen, on passe pile poil verticale de la base d'Evreux, avec ses gros Transall endormis sur le tarmac.

Et voici à nouveau Rambouillet. Arrivé vers Sierra Alpha, on décide, puisqu'on a un peu de temps avant de rendre l'avion, d'aller montrer le chateau de Vaux le Vicomte aux passagers. C'est pas loin, et c'est joli. 


Atterrissage à Lognes, après 3h12 de vol. Les passagers sont ravis, et prêts à recommencer ! 

mercredi 24 octobre 2001

Premier passager

J+2. Au surlendemain de l'obtention du PPL, il est plus que temps d'embarquer le premier passager. Je propose à un copain, que je récupère dans Paris à 16h45. Et ça commence mal : embouteillages pour accéder à l'A4, embouteillages sur l'A4 : rien de tel pour énerver le pilote avant le vol. Restons zen.

Finalement, ça se dégage, et ça roule. L'autoroute se dégage peut-être, mais le ciel, pas trop, ou contraire, il se remplit de nuages à vitesse grand V. Tout en roulant vers Lognes, je les surveille d'un oeil un peu inquiet.

India Oscar nous attend sagement sur le parking. Je commence la prévol du petit DR400-120 en expliquant tout bien à mon passager. A ma suite, il secoue gentiment les volets, et semble rassuré : ça a l'air de tenir. Pof, il se met à pleuvoir. Et m... On finit la prévol sous les gouttes, et on se réfugie dans l'avion, alors que les gouttes s'écrasent de plus en plus furieusement sur la verrière.

Sagement, consciencieusement et lentement, je suis ma check-list, en espérant que ça va se calmer un peu pendant ce temps. J'explique au fur et à mesure à mon passager, ça fait passer le temps. Tiens, ça se calme un peu. On met en route, on a l'autorisation de rouler, et la pluie semble s'être arrêtée. C'est encourageant. Je me suis annoncé pour des tours de piste, histoire de voir si le ciel est gris vers l'est.

Roulage, essais moteur, re check list, j'explique encore et toujours. On s'aligne. Tu es prêt ? On y va. On met la patate. Pendant le décollage, je sens mon passager pas super à l'aise. Pourtant, malgré le vent de travers, je suis (presque) sur la ligne blanche.

On décolle. Ca secoue un peu jusque vers 500 pieds, puis ça se calme. "Alors tu vois, là, on passe au dessus du bâtiment avec du jaune sur le toit, juste entre les deux lotissements, pour pas faire de bruit."

Vent arrière. Bouh, fait pas beau... Bon, la visi est correcte, on va quand même aller faire un petit tour vers l'est. Je passe les lignes haute tension, j'annonce que je quitte le circuit, je demande à quitter la fréquence.

- C'est qui qui veut quitter le circuit ?
- C'est India Oscar, madame !
- Vous pouvez quitter la fréquence, India Oscar
- Merci madame, je quitte la fréquence, à tout à l'heure !

Et je suis l'avion devant moi qui a quitté le circuit aussi et file vers l'est. Ha, tiens, il tourne. Hoooo, mais en fait, il fait comme s'il était ENCORE dans le circuit... Ha ok, il a rallongé pour se mettre derrière le Cessna qui arrive en longue finale. C cool, ça le fait tourner pile poil au desus de toutes ces maisons.

Je fais un grand virage à gauche pour virer vers Mickeyland. Après coup, j'apprendrai que ce premier grand virage a un peu surpris mon passager. Oups, désolé !!

- "Bon, on va rentrer, hein, vu le temps, c'est pas passionnant !"
- "Sisi", me dit mon passager, qui a l'air ravi : "C'est super, quand même !".

Retour vers Lognes, où la contrôleuse ous autorise direct vers la 26.

- Alors, tu vois les quatre lumières rouges là bas ? S'il y a quatre blanche, c'est qu'on est trop haut. Deux blanches et deux rouges, c'est qu'on est bien, et quatre rouges, c'est qu'on est trop bas.
- Ha, on est trop bas alors ?
- Non, on est juste comme il faut.
- Je comprends pas
!
- Je t'explique. Il y a un plan de descente, et nous, on ne l'a pas encore intercepté. On est dessous, mais c'est normal, on ne vient pas de la Lune. Donc on va finir par l'intercepter, on va voir une première lumière blanche, puis une deuxième, et là on pourra commencer à descendre.

Bon, il se trouve que tout à la fin, on avait à nouveau quatre rouges, mais bon, ça ne se voit pas sur la photo de la courte finale, donc personne ne le saura... :-)

Bon allez, ça souffle du côté gauche, mais on va essayer de faire un bel attero, pour pas lui faire peur. Je tire, je tire... Diable, serait ce un kiss ? J'ai bien peur que oui... En tout cas, si ce n'en est pas un, ça y ressemble fort. Trop fort... :-) Je crois que je n'ai pas fait exprès. J'ai essayé de faire exprès, mais c'est sûrement un hasard...

J'ai dîné avec mon passager, et il m'a dit au moins 20 fois que c'était vraiment bien, et que pour son baptème de l'air, il était drôlement content, qu'il avait envie de recommencer, et que ça donnait presque envie de s'y mettre. En voilà un gentil premier passager ! Ca donne envie de recommencer à en emmener !!